J11: suite. Nous avons pris pour habitude de dormir à l’hôtel (bien chinois) après nous être aperçu que le camping est compliqué à réaliser: pas un espace qui ne soit occupé, et toujours une âme à la ronde.
En traversant le Ganxi puis le Guizhou, parmi les rizières, çà ne nous a pas non plus tenté, surtout avec les pluies diluviennes que nous avons essuyé! Bref la tente attend toujours le moment propice.

De sauts de puces en sauts de puces, une pause pique-nique à l’occasion n’ est pas de refus. Les sièges pliants ne sont pas un luxe pour le postérieur des Mic’s. Nous avions emporté un réchaud à gaz et quelques couverts. Une bête caisse de rangement en plastique fait office de table et une pelle pliante, … de toilettes (Un truc que nous avons appris en camping en Suède, histoire de ne pas réserver de mauvaise surprise à d’autres promeneurs).
J11 suite.
Plantons d’abord le décor: village de Sedi, Sichuan, autrement dit “à trifouilli les oies”. Au milieu du pré une tente, plutôt un barnum, et deux moines qui attendent, micro à la main et sono dans un coin.

Peu à peu une, deux, puis trois motos arrivent chevauchées par des jeunes que j’aurais qualifié de patibulaires si je les avais rencontré ailleurs. Mais ici, ils ont juste la dégaine du coin, emmitouflés dans de longs manteaux, la tête haute et un peu d’arrogance au coin des lèvres .
La sono diffuse une musique composée de mélopées ou de prières tibétaines. Les gars descendent de moto sans se presser et le moine là bas prononce à peine deux mots dans leur langue puis s’éloigne tandis qu’un enregistrement continue de diffuser sa voix.
Crénon de nom! Qu’est ce qu’ils ont bien intégré la modernité ceux là. Un enregistrement suffit pour que mes fiers cavaliers, comme je les appelle, rappliquent, fidèles et obéissants. Les voilà même qui se mettent à faire le tour du pré dans le sens des aiguilles d’une montre.

“Hmm. Toi là je t’ai repéré. Encore en retard pour la messe. Je vais sévir la prochaine fois!”
J11 suite: dans le nord-ouest du Sichuan précisons le ! Nous sommes à 色地 dans ce qui tient lieu de “Grande rue”. On va pouvoir acheter quelques légumes et faire du ravitaillement.
Le village .

La rue principale est en terre gravillonnée et les voitures sont rares à y passer. Notre véhicule immatriculé dans le Guangdong 粤 ne manque donc pas donc la curiosité. Alors vous imaginez lorsqu’en descendent deux blancos …
“Hem, Hem. Feignons d’ignorer les regards dévisageants et imaginons nous loin de là, Hmm, :roll: disons qu’on est en route pour la boulangerie.” Déception.
Encore une fois, le pain et les croissants, c’est pas pour aujourd’hui !
Nous pouvons en tout cas constater en béotiens admirateurs de Lévi-Strauss
Psstt : pas la marque de jeans mais l’ethnologue, dont j’ai dévoré les textes en cours de philo, terminale … il y a bien longtemps ! Oh çà va hein ?!!
Bref. Nous constatons que les tibétains du coin ont déjà abandonné le cheval au profit d’une monture moins subtile : j’ai nommé la moto 125cm3. J’observe que le port du casque est plus fréquent ici, mais je soupçonne que la vraie raison n’est pas la sécurité qu’il procure mais plus prosaïquement; parce qu’il pèle !!!
Même si les bulldozers sont déjà à la porte de 色地, prêts à en changer la physionomie; belle rue goudronnée, tout à l’égout et internet peut-être, romantique, je me prends à rêver d’un cow-boy, approchant, dans la grande rue, sauvage et fier à la fois.
Explications: l’ Immatriculation
Notre véhicule est immatriculé dans le Guangdong 广东 mais pour la plaque d’immatriculation, on écrit 粤 . Dans les provinces où nous sommes passés, ils s’imaginent souvent que nous venons de Macau à cause de la similitude entre 粤 et l’idéogramme 奥 qui identifie Macau.
Ensuite une lettre identifie la ville:
- C pour Zhuhai
- A pour Guangzhou (Canton)
Enfin cinq numéros pour former comme ici, la plus chic des plaques d’immatriculation 粤C 88888
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J11 suite. Nos yeux s’étaient habitués à la beauté environnante lorsque …
On grimpe, on grimpe, on n’arrête pas de grimper: 3849 m. Cap à l’ouest dans la partie nord du Sichuan. Comme vous pouvez le voir nous n’avons pas fait d’excès de vitesse: une petite folie, une fois en passant, à 94 km/h. Sinon, constatez vous même 37,8 km de moyenne !
de toutes les manières, on a le temps d’admirer le paysage: vertes prairies sur des collines bourgeonnantes de yaks.

Comme çà, on va arriver au détour du prochain virage sur un paysage enchanteur et magique hein ?

Bah non. Beurk ! ! Et pourtant sur la route où nous nous trouvons, à 100m à droite et en arrière, des tentes de style yourtes, décorées de frises attendent les bus de touristes en mal de cérémonie du thé au beurre de yak “authentique”.
Rencontres de route avec des cavaliers. J’ en déduis qu’il y a deux manières de se tenir à cheval.
1) Je subis la chevauchée
Faisant preuve de la plus grande partialité, voici deux exemples de la chevauchée subie. A gauche, cette dame emmitouflée jusqu’à n’ en plus finir juchée sur son destrier. A droite “fais la gueule” comme je l’appelle. Il a l’air d’avoir mal aux fesses de sa chevauchée.

2) Je suis fier d’être cavalier
Ici un jeune cavalier bombant le torse pour la photo. Il est indéniable que dans notre inconscient collectif, et le mien doc’ , ces véritables cow-boys des plaines symbolisent la liberté. La complicité qui les unit à leur cheval est en outre le signe d’une communion symbiotique avec les forces de la nature.
A le regarder celui là aussi, on se croirait face à un caballero basané de la pampa argentine (encore mon imaginaire au galop: je n’ai jamais vu la pampa argentine mais j’ai beaucoup d’imagination. Cela, vous le saviez déjà … )
Lien: Le cheval dans la symbolique boudhique
En 68, l’empereur Mingdi patronna la fondation du Temple du Cheval blanc, premier temple bouddhiste en Chine, que Yang Xuanzhi (VIe siècle) situe au sud de l’avenue impériale de Luoyang, à trois lis de la portes de Xiyang. La légende prétend que la coutume voulait que les soutras soient portés par des chevaux blancs, et que l’emplacement du temple fut décidé par l’animal qui s’arrêta net peu avant la capitale, refusant d’aller plus avant.
Source : wikipédia
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