Voici mon pastiche aux yeux bridés du poème d’Arthur Rimbaud, quelque part sur l’autoroute Zhuhai-Guangzhou
Sinuant follement entre les cages de béton
Gris; où l’air suffocant et impur,
Mugit: c’est une plate-forme de camion.

Un travailleur harassé, fatigué, tête nue
Et le dos sur une bâche le recouvrant
Dort: il est étendu sous la nue,
Bronzé comme sont les migrants.

Les doigts de pied en éventail, il dort. Comme
Dormirait un enfant malade, il fait un somme :
Nature, berce-le tendrement : il est crevé.
Les fumées d’échappement ne font pas frissonner sa narine
Il dort dans le soleil, les mains sur son ventre,
Tranquille. Il rêve qu’il n’y a pas d’arrivée.











Commentaires
2 Réponse(s) au Post “Le dormeur du camion”
Posté par Annick le 23 June à 04:44 pm,
Bravissimo et pour le texte et pour la photo. A quand la parution papier des “Impromptus chinois”.

avez-vous organisé une fête de la musique avec les étudiants de français, et la “colonie” française à Zhuhai ?
bisous à tous
Posté par Mali le 26 June à 08:39 pm,
Pfeuh. Le papier c’est dépassé non ?
Attends, j’ai une histoire pour bientôt. Celle d’un petit garçon et la mer .
Je la prépare.
Sinon, on a eu droit à divers concerts au sein même de l’université.Toujours touchant de voir vos propres élèves sur la scène !
A bientôt.