Notre voyage au Sichuan cet été nous a donné la furieuse envie de recommencer. ZhangQi, notre 4×4 chinois a vraiment été à la hauteur de la tâche; aucun pépin mécanique sérieux et une facilite déconcertante à passer tous les obstacles. La voiture c’est pratique mais on se sent un peu enfermé et plutôt spectateur qu’acteur. Donc nous avons commencé à réfléchir à un autre moyen de transport.
Les aventures de Charley Boorman et Ewan McGregor, ‘Long Way Round’ et ‘Long Way down’, nous ont rappelé les bons moments passés à moto il y a quelques années. La conduite d’une moto est une expérience totalement différente de la voiture, c’est physique, parfois dangereux et en contact direct avec les éléments. Parfait pour des quadras qui ont besoin de pimenter un peu leur quotidien.
Lors de notre année passée à Shanghai, nous avions pu admirer des sidecars qui semblaient surgir d’une autre époque. Il s’agit de ChangJiang750, un clone des BMW conçues avant guerre (39-45). Dés 1941, ces BMW ont été copiées par les russes (Ural, Dniepr) eux même imités par les chinois. Jusque dans les années 1980, plus d’un million de ces CJ750 ont été fabriquées pour l’armée et la police chinoise. Beaucoup sont restées inutilisées dans des entrepôts d’où elles sont déstockées par lots.

Le site changjiangcollective.com est une mine d’information sur le sujet.
Un petit tour sur Google pour trouver quelques ateliers qui restaurent, améliorent et personnalisent des CJ750 pour une clientèle majoritairement d’occidentaux amateurs de vieilles mécaniques.
changjiangunlimited.com
changjiangcollective.com
cj750.net
cj750.org
cj750m1m.com
750sidecar.com
shanghaisidecars.com
beijingsidecars.com
beijing-sidecar.com
mycj750.com
chinasidecar.com
Un de ces ateliers (cj750m1m.com) vient de s’installer dans les environs de Guangzhou. Ici pas de chaines de montage, 3 mécaniciens s’affairent autour de carcasses, des pièces détachées éparpillées dans l’entrepôt, 4 sidecars sous des bâches et les deux engins que nous allons essayer.

Frank, le sales manager parle anglais ce qui facilite la compréhension des explications du chef mécano. Sans être compliquée, la prise en main d’une CJ750 demande un peu d’attention. La boite 4 vitesses est rugueuse, les freins plutôt inexistants comme les suspensions d’ailleurs. Par une petite manette, il est possible d’inverser la boite pour passer en marche arrière, très pratique avec le panier. Le moteur est disponible en deux versions (flathead, overhead), la seconde étant plus moderne (30s vs 50s), plus puissante (24cv vs 32cv) et plus fiable.

Les bouteilles sur le coté font office de réservoirs d’essence, cette moto est “neuve” et doit partir à l’export!!!
La conduite de la version solo est très agréable. La moto est basse, légère et la selle large procure une bonne assise. Le poum poum du bi cylindre rappelle celui de notre ex Harley Davidson 883.

Sur sa CJ750, Mali ne craint plus personne…
C’était notre première expérience de conduite d’un sidecar. Il faut pousser le guidon pour tourner au lieu d’incliner la moto. Le poids du panier se fait sentir et il tire un peu sur le côté. Avantage on ne tombe plus et on peut le charger. Bref, le solo c’est mieux mais pour un long périple avec plein de bagages sur des mauvaises routes on fera avec.

Quand je vous dis qu’on peut la charger cette CJ750!
Après les parents, c’est au tour des ados de faire un tour de manège.

Prochaine étape: Comment obtenir une immatriculation à Zhuhai sachant que les motos y sont bannies…









