J11 suite.
Plantons d’abord le décor: village de Sedi, Sichuan, autrement dit “à trifouilli les oies”. Au milieu du pré une tente, plutôt un barnum, et deux moines qui attendent, micro à la main et sono dans un coin.
Peu à peu une, deux, puis trois motos arrivent chevauchées par des jeunes que j’aurais qualifié de patibulaires si je les avais rencontré ailleurs. Mais ici, ils ont juste la dégaine du coin, emmitouflés dans de longs manteaux, la tête haute et un peu d’arrogance au coin des lèvres .
La sono diffuse une musique composée de mélopées ou de prières tibétaines. Les gars descendent de moto sans se presser et le moine là bas prononce à peine deux mots dans leur langue puis s’éloigne tandis qu’un enregistrement continue de diffuser sa voix.
Crénon de nom! Qu’est ce qu’ils ont bien intégré la modernité ceux là. Un enregistrement suffit pour que mes fiers cavaliers, comme je les appelle, rappliquent, fidèles et obéissants. Les voilà même qui se mettent à faire le tour du pré dans le sens des aiguilles d’une montre.
“Hmm. Toi là je t’ai repéré. Encore en retard pour la messe. Je vais sévir la prochaine fois!”










