May
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Ce jour je m’en vais vous raconter la petite mésaventure rocambolesque d’un honorable citoyen de Zhuhai.

En vue d’une expédition future dans des contrées lointaines et sauvages, Monseigneur condescends à initier quelques congénères à la pratique du tout terrain. L’épreuve du jour consiste à gravir une route de terre relativement dégradée qui serpente jusqu’au sommet d’une colline.

pisteA tour de rôle, les néophytes sous le regard expert et attentif du Généralissime prennent le volant de la vaillante ZhanQi et franchissent les quelques crevasses qui parsèment le parcours. Comme le chemin est plutôt facile et que rien de très méchant ne perturbe les exercices, le Professionnel de la Profession décide de corser la manœuvre en créant des obstacles artificiels. Devant le refus absolument pas justifié d’un des élèves de franchir une crevasse un peu plus profonde que les autres, Grand Manitou prend le volant bien décidé à montrer à ces misérables scarabées la voie à suivre.

piste

30 secondes plus tard, malgré toute sa bravoure et sa fougue, ZhanQi est misérablement plantée sur son essieu avant, les deux roues dans le vide…

Il Maestro se rendant compte de la gaffe énorme qu’il vient de faire, commence d’abord par changer de couleur. Il passe successivement du blanc jaunâtre habituel au gris sale puis oblique franchement vers le rouge pivoine, signe d’une honte incommensurable. Ensuite il éructe une copieuse bordée de jurons en français et en anglais; un seul en chinois, son vocabulaire étant encore limité à ce jour. C’est ce que l’on appelle communément perdre la face. Bon enfin, soyez rassuré, cela ne dure pas très longtemps, les remords comme la modestie n’étant pas de mise chez les vrais aventuriers.

pisteJe passe les détails laborieux et boueux, la pluie vient de faire son apparition, mais après une bonne heure d’effort, un cric cassé, des tapis de sol neufs broyés, quelques nouveaux jurons et une tonne de cailloux glissés sous les roues, ZhanQi sort de sa fosse peu commune. Il est à noter que durant tout cet intermède, Sam est resté d’un stoïcisme asiatique à toute épreuve, juste un petit sourcil relevé quand quelques invectives dignes de la Guerre du Feu ont été échangées entre Mali et le Bouffon du jour.

De retour à Zhuhai, le gardien de notre immeuble voyant l’état vestimentaire pitoyable du Grand Maitre s’exclame hilare Zhenme Zhang que l’on pourrait traduire familièrement par Vraiment dégueulasse! D’ailleurs pour l’occasion, ZhanQi (Etendard du Guerrier) a été désobligeamment renommée ZhangQi (Etendard du Crado) par Mali.

Dernière précision, Tartarin de Zhuhai c’est moi.

A bientôt pour de prochaines tartarinades.

Commentaires

2 Réponse(s) au Post “Tartarin de Zhuhai”

  1. Posté par mik le 8 May à 02:14 am,

    J’aime bien ton histoire! Je ne savais pas que tu es un adepte du trail riding!
    Est-ce que tes amis chinois on aimé l’activité?
    Je voudrais aussi savoir quel sorte de Jeep que c’est, ça semble être un devant de TJ 1985 … ou bien les nouveaux 4 portes.
    Merci pour l’anecdote, j’ai bien rit parce que je me reconnaissais bien dans la section ou tu jures poliglotement! haha!

  2. Posté par Brice le 9 May à 07:06 pm,

    La ZhanQi est une version chinoise de la jeep Willis matinee de UAZ sovietique. J’ai du mal à connaitre la filiation directe. Voici un post qui retrace ses origines mixtes:
    http://blog.bmfbm.com/2007/01/histoire-de-mon-4×4-zhanqi/

    Elle partage aujourd’hui aucune pièce commune avec les Jeep, son moteur est chinois sous license Toyota et le reste est de fabrication locale et plutot rustique. C’est une voiture encore très présente en zone rurale ou au Tibet car elle est pas chère et facile à réparer. Dans les villes, les chinois aisés préfèrent les gros SUV japonais, koréens ou allemands.

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