Voilà une heure que nous pédalons sous le soleil de Shanghai. Il n’est pas vraiment cuisant, mais on est certainement en train de mijoter à petit feu. L’aphalte se déroule sous mes roues tandis que mes jambes pédalent doucement. J’ai pris pour modèle le pédalage chinois, pas pressé, fait pour durer, pour aller loin.
Le vent nous rafraîchit néanmoins rendant la promenade encore plus agréable.
Après avoir passé le quartier des maisons résidentielles, nous abordons des baraquements faits à la va-vite d’un assemblage de plaque de bétons aux jointures bien apparentes . Elles sont coiffées de tôles ondulées que des tubes métaliques entrecroisés empêchent peut être de s’envoler les jours de grand vent. Par les fenêtres, les lucarnes devrais je dire, on distingue les lits à étages et l’on devine la chaleur, la promiscuité. Derrière le mur on entend les enfants qui jouent et les casseroles qui s’entrechoquent. Il est 11h30 et le parfum du riz qui cuit parvient à mes narines.
Je les imagine ces migrants qui profitent d’un peu de repos pour jouir de leur famille autour d’un repas. Demain ils seront à nouveau à la tâche pour continuer de construire Shanghai la moderne.
En quelques coups de pédales, nous sommes rendus presque au milieu de nulle part. Mais à Shanghai, même à nulle part, je trouve une superette où je stoppe pour acheter à boire. Au dehors, une femme acroupie avec sa fille lave des légumes. Je franchis l’entrée et repère le réfrigérateur aux boissons où je m’empare d’une bouteille d’eau et de thé aux chrysanthème. Rien de tel quand on a soif que de boire un thé à peine sucré.
Ma laveuse de légumes entre et il s’avère qu’elle remplit aussi les fonctions de caissière. Je l’entend qui s’adresse à son mari en disant : “ZHe shi wei guo peng you”, ce qui signifie littéealement “voici des amis étrangers”.
Je trouve bien sympatique d’être saluée de la sorte surtout de quelqu’un qui ne s’imagine pas que j’ai compris ce qu’elle dit! Je lui retourne donc la politesse en lui adressant un “Dang ran, wo shi ni de peng you” (Bien sûr, je suis ton amie”
, ce qui a pour effet de la clouer de stupéfaction et d’encenser mes maigres connaissances de la langue chinoise! Je quitte la boutique en pouffant de rire, non sans avoir craqué au passage à la vue d’un bébé joufflu qui vient de me faire risette.
Vous l’avez deviné, je l’adore ce pays et ses sympatiques habitants!









